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Pourquoi le gouvernement veut-il supprimer le chauffage au fioul ?

Lors d’une annonce officielle en date du 14 Novembre 2018, le premier Ministre Edouard Philippe a annoncé que le Gouvernement avait pour objectif « ambitieux » de remplacer toutes les chaudières au fioul en France d’ici les dix prochaines années. La guerre est donc officiellement déclarée contre ce mode de chauffage au fioul, qui est pourtant encore utilisé dans pratiquement 4 millions de logements aujourd’hui ! Pourquoi le fioul est-il dans le viseur des autorités ? Comment le Gouvernement compte-t-il réaliser cette grande transition énergétique ? Quelles sont les limites d’un tel projet ? Voici les questions auxquelles nous allons tenter de répondre.

Le fioul, une énergie fossile aux multiples inconvénients

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Le fioul (ou fuel) est la plus grande source de pollution atmosphérique, toutes énergies confondues. Les émissions de gaz à effet de serre (du dioxyde de carbone notamment) produites tout au long de l’extraction et de l’utilisation du fioul domestique, sont au moins deux fois plus importantes que celles du gaz ou de l’électricité, et plus de dix fois plus importantes que celles d’un poêle à granulés par exemple !

C’est donc un véritable danger pour notre Planète, d’autant plus lorsque l’on sait que certaines cuves à fioul domestique anciennes ou mal-entretenues sont enterrées, et risquent donc potentiellement de fuir en déversant leur contenu directement dans le sol, avec tous les risques environnementaux que cela comporte. Mais c’est également un danger pour notre santé, puisque le fioul est aussi l’un des grands émetteurs de particules fines, très nocives pour notre organisme. Enfin, le fioul domestique étant un dérivé du pétrole, il en subit forcément les fluctuations des cours de la Bourse, qui tendent généralement à augmenter plutôt qu’à baisser. Dès lors, les foyers se chauffant avec cette énergie fossile voient donc forcément leur budget consacré au chauffage grimper au fur et à mesure des spéculations boursières.

Des aides financières pour inciter les foyers à changer de mode de chauffage

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Depuis le 1er janvier 2019, les foyers qui souhaitent remplacer leur chauffage au fioul par un autre mode de chauffage moins polluant (tel que la chaudière biomasse ou encore la pompe à chaleur) recevront une prime à la conversion des chaudières, allant de 2 000 à 3 000 € selon les revenus du foyer. Ce qui représenterait une aide d’environ un tiers des dépenses à réaliser pour l’installation du nouveau mode de chauffage.

Et, le 16 janvier dernier, François de Rugy, Ministre de Transition écologique et solidaire, a annoncé que, pour les personnes aux revenus les plus modestes, une prime à la conversation spéciale, baptisée « chaudière à un euro » leur permettrait de remplacer leur vieille chaudière au fioul ou au gaz par un équipement à énergie renouvelable (comme la pompe à chaleur ou la chaudières à bois par exemple), en payant uniquement 1€, le reste étant pris en charge en majorité par les différentes aides déjà existantes (le Crédit d'impôt transition énergétique (CITE), le Chèque Energie, les subventions versées par l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (ANAH)…). Le reste à charge sera à régler via un prêt à taux zéro, mais dont la mensualité devrait être largement compensée par les économies réalisées sur la facture de chauffage.

Les limites d’un tel projet de transition énergétique

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Bien que, sur le papier, ce projet de grande envergure d’une modernisation du mode de chauffage des Français vers des solutions plus écologiques et économiques soit louable, dans la réalité cela risque de soulever de nombreux problèmes. Car la majorité des logements qui ont recours au chauffage au fioul est située dans des zones rurales, donc éloignée du réseau de gaz de ville.

De plus, ces foyers-là ne pourront généralement pas facilement, voire pas du tout investir dans l’installation d’un mode de chauffage plus écologique, même en bénéficiant des différentes aides proposées par l’Etat. Car, au final, mise à part pour les familles aux revenus très modestes, les autres foyers devront débourser la plus grande partie du prix de l’installation de leur nouveau mode de chauffage, prix pouvant monter parfois jusqu’à 20 000 € ou plus. Dès lors, la question du financement de cette grande transition énergétique pour tous doit être posée, afin que l’objectif de la suppression du chauffage au fioul d’ici 10 ans soit vraiment réalisable.